Le ZÀP (Le zèbre à pois)

Podcast : Quand le jeu devient un levier d’agilité, Le Zèbre à Pois à la Journée Agile 2025

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Dans cet épisode « Pyxis – Le podcast« , enregistré le 23 mai lors de la Journée Agile, Olivier Fieuw et Sophie Douchy du magasin Le Zèbre à Pois nous ouvrent les portes d’un univers où le jeu de société se révèle un outil d’apprentissage, de cohésion d’équipe et même de développement personnel.

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Entre rires, passion et pédagogie, ils partagent comment leurs animations et leurs soirées jeux inspirent autant les familles que les coachs agiles et les entreprises en quête de collaboration authentique.

  • Mais au fil de la discussion, un autre enjeu émerge : et si le jeu reprenait sa place dans les écoles, les thérapies et même la culture reconnue ?
  • Peut-on encore considérer le jeu comme un simple divertissement lorsqu’il façonne notre manière d’apprendre, de coopérer et de vivre ensemble ?

Un échange vivant, drôle et profond, où l’agilité rejoint la créativité, et où chaque carte jouée nous parle d’éducation, de société et d’humanité.

Écoutez l’épisode en vidéo sur la chaîne YouTube de la Journée Agile (sous-titres FR + traductions NL/DE/EN/ES)

  • [00:00:17] Introduction et contexte
  • [00:00:33] Présentation d’Olivier Fieuw
  • [00:00:52] Présentation de Sophie Douchy
  • [00:01:30] De quels types de jeux parlons-nous ?
  • [00:02:24] Sophie : jeux de plateau… et jeux en ligne ?
  • [00:03:25] Pourquoi être présent·es à la Journée Agile 2025 ?
  • [00:04:22] Les jeux de 7 à 77 ans
  • [00:05:15] Le patron est-il en magasin ?
  • [00:05:22] Où se trouvent les magasins ?
  • [00:05:48] Depuis quand existe l’enseigne ?
  • [00:05:58] Le switch du jeu de famille vers le management et les RH
  • [00:07:33] C’est quoi, des serious games ?
  • [00:08:14] Les jeux pour des causes sociales
  • [00:09:23] Le jeu est un enjeu culturel
  • [00:10:02] Jeux et thérapies
  • [00:11:21] Et les jeux sexo ?
  • [00:12:20] Un marché de niche ?
  • [00:13:03] Le top 10 en popularité
  • [00:13:41] Des exemples
  • [00:14:36] Les jeux de coopération ont la cote
  • [00:15:56] Réapprendre à collaborer
  • [00:17:07] Des points pour faire mieux que… ou des jeux pour stimuler la collaboration ?
  • [00:17:36] La place du jeu dans les écoles et l’éducation
  • [00:18:57] La place du jeu dans les universités
  • [00:19:36] Les ludothèques en entreprise
  • [00:20:22] Des jeux multifonctionnels : au privé comme au travail
  • [00:20:45] Les grands classiques ont-ils encore la cote ?
  • [00:22:25] Les classiques comme premier contact ?
  • [00:23:07] Pas de classiques en entreprise ?
  • [00:23:27] Un jeu qui s’explique en 30 secondes… et se joue 30 fois
  • [00:23:57] De l’impatience ou un temps limité à peau de chagrin ?
  • [00:25:36] Le jeu comme garantie de déconnexion digitale
  • [00:26:38] Le jeu et la santé : le jeu là où on ne l’attend pas
  • [00:27:50] Réaction du public de la Journée Agile
  • [00:28:24] Site internet et contact
  • [00:29:06] Clôture et appel à l’action

Michel Godart: [00:00:17] Bienvenue pour un nouvel épisode de votre podcast « Pyxis – Le podcast ». Aujourd’hui nous sommes à la journée Agile le 23 mai 2025, la keynote vient juste de se terminer ou elle est en cours, je pense, et j’ai pris deux personnes au stand: Olivier et Sophie. Et je vais vous demander d’abord de vous présenter.

Olivier Fieuw: [00:00:33] Je m’appelle Olivier, je suis le patron des magasins « Le Zèbre à pois », nous avons trois magasins de jeux et de jouets, on est vraiment spécialiste dans le jeu de société, le jouet pour tout âge. On commence vraiment avec les tout petits de zéro ans jusqu’aux joueurs experts passionnés, en termes de tranche d’âge on vise vraiment tous les publics dans le monde ludique.

Michel Godart: [00:00:52] Alors, auditeurs, auditrices ne stoppait pas l’écoute de ce podcast, nous sommes bien dans un podcast sur la Journée Agile et l’agilité, oui, oui, oui, oui. Mais vous le savez, dans l’équipe de Pyxis il y a Éric Decossaux, et à mon avis, on va entendre dans quelques instants qu’il n’est pas innocent à la présence de votre société. Alors Sophie, je vais aussi te demander de te présenter!

Sophie Douchy: [00:01:08] Je suis Sophie, je travaille au Zèbre à pois depuis dix ans maintenant. Moi, je m’occupe plutôt de tout le pôle jeux de société. Je suis rentrée dans ce boulot-là par ma passion, à la base, et puis petit à petit on fait plusieurs postes dans la société. C’est le côté chouette des petites structures familiales comme ça c’est que il y a plein de possibilités de développer en fonction de chacun ses propres intérêts.

Michel Godart: [00:01:30] Moi j’ai lancé un petit pavé dans la mare comme on dit, j’ai parlé d’Éric Decossaux, je pense et j’imagine très bien que votre présence avec un stand à la Journée Agile n’est pas innocente, Éric utilise beaucoup les jeux dans ses approches de coaching. Tu as parlé un peu de ce que vous faites, mais est-ce qu’on parle aussi de jeu en ligne, de jeux digitaux, les jeux informatiques ont de la place, ou pas?

Olivier Fieuw: [00:01:49] Chez nous, non. Nous vraiment on se base uniquement sur le jeu physique, que ce soit jeu de cartes, jeux de plateau, jeux d’escape, d’enquête, ce genre de choses-là, mais on reste sur du matériel physique. Le jeu vidéo et le jeu en ligne, pour moi, c’est un autre monde, c’est pas notre spécialité, je pense vraiment que ce sont deux mondes qui aujourd’hui ont un peu de mal à se rencontrer. Peut-être que demain ça sera le cas, mais aujourd’hui on axe vraiment nos activités sur le jeu physique et le côté socialisation familiale aussi, et utilisation de ces outils-là dans le monde professionnel pour développer des compétences ou supprimer des incompétences. Le jeu de société permet vraiment de faire tellement de choses que nous on veut vraiment se baser là-dessus.

Michel Godart: [00:02:24] C’est sa force. D’ailleurs, il y a eu un mouvement en ressources humaines, puisque j’anime un podcast sur les ressources humaines aussi, où le gaming et la gamification était un mot très utilisé dans les entreprises, parce que ces jeux de plateau, effectivement, révèlent, comme le disait bien Éric Decossaux dans un des podcasts où il m’expliquait sa passion sur le jeu. Le jeu de société permet de relever des comportements, de mettre le doigt sur des réactions, des actions où on peut questionner, interroger et finalement s’enrichir du feedback des autres et de la critique des autres aussi. Sophie est-ce que tu avais aussi une passion dans les jeux en ligne ou les jeux vidéo de ton côté?

Sophie Douchy: [00:02:55] De mon côté pas du tout, ça a été effectivement uniquement du jeu de plateau. J’ai commencé à jouer aux jeux vidéo vraiment très, très tard, et encore, c’est plutôt parce que je ne veux pas être bloqué dans mon petit univers. Et c’est vrai que, même encore maintenant, la plupart du temps, un jeu vidéo vient en soutien à la limite à un jeu de plateau. Je ne me perds pas dedans, j’essaye de suivre parce que j’ai un enfant et qu’apparemment.

Michel Godart: [00:03:16] Tu vas être confronté à ça.

Sophie Douchy: [00:03:17] Il va falloir à un moment que je m’y mette parce que là il devient meilleur que moi et ça c’est (Michel Godart: Ouïe, ouïe, ouïe, ouïe, ouïe)… Ouais Quand ça commence à nous battre, et en jeux de plateau, et en jeux vidéo, ça commence à faire beaucoup.

Michel Godart: [00:03:25] Alors on se pose des questions quoi (Sophie Douchy: Voilà). Alors je ne veux pas faire un podcast sur les jeux en ligne, mais je pense que c’est important d’expliquer qu’il y a deux cultures du jeu, manifestement c’est ce qui se passe. Quel était le choix et pourquoi avoir accepté de venir à la Journée Agile?

Olivier Fieuw: [00:03:37] Tout simplement parce qu’on est persuadé que le jeu de société joue un rôle primordial dans le développement de l’enfant, mais de l’être humain de manière générale. Mettre des jeux de société entre les mains des enfants, c’est lui permettre de: un, Apprendre à respecter les règles, de développer des aspects stratégiques, accepter de perdre, ne pas jouer que pour battre l’autre, essayer de s’améliorer. On retrouve vraiment tout un tas d’éléments qui sont tellement intéressants, que, quand on a des clients qui viennent au magasin c’est une phrase qui me titille à chaque fois c’est « Je viens chez vous pour acheter un jeu ludique ». Ils sont tous ludiques – Rires de Michel -, ils apporteront tous quelque chose ou éducatifs. Ils apporteront tous un élément éducatif à l’enfant, le tout, c’est de voir ce que vous cherchez, ce que l’enfant est prêt à investir, et on trouvera bien le jeu qui répondra à ce besoin-là.

Michel Godart: [00:04:22] Est-ce qu’on ne peut pas retirer, de toutes les phrases que tu viens de dire, le mot enfant? Parce que finalement tout ce que j’entends est valable pour l’adulte. L’adulte doit aussi, parfois, parce que contrairement à ce qu’on pourrait croire, il y a encore beaucoup d’adultes qui ne comprennent pas les règles. Moi, j’ai beaucoup de mal avec les règles, j’ai du mal de les respecter, je ne supporte pas trop l’autorité, la hiérarchie.

Olivier Fieuw: [00:04:41] On s’en rend bien compte et c’est pour ça qu’on organise, nous, énormément d’événements. Que ce soit des soirées jeux, une fois par mois dans le magasin Nivelles, une fois par semaine dans le magasin de Louvain-la-Neuve.

Michel Godart: [00:04:49] Louvain-la-neuve, Nivelles ?

Olivier Fieuw: [00:04:50] Voilà. On organise régulièrement des soirées jeux parce qu’on a énormément de clients qui aiment jouer, mais qui détestent décortiquer des règles. Ça, c’est quelque chose que nous on peut apporter également dans ce cadre-là. Et là, évidemment, on vise un public exclusivement adulte, ou en tout cas ados-adultes, qui a envie de jouer, qui a envie de découvrir des nouvelles stratégies, des nouvelles mécaniques de jeu mais qui n’aime pas trop, trop, se farcir les règles qui sont parfois fastidieuses ou écrites avec les pieds.

Michel Godart: [00:05:15] Alors Olivier, tu es le patron (Olivier Fieuw: Oui), tu es beaucoup dans le magasin ou c’est plutôt Sophie?

Olivier Fieuw: [00:05:18] Alors on a trois magasins. Moi, en tant que patron, je suis assez peu dans les magasins.

Michel Godart: [00:05:22] Tu as cité Nivelles, tu as cité…

Olivier Fieuw: [00:05:23] On a deux magasins Nivelles, Nivelles-Centre, Nivelles-Shopping, et on en a un à Louvain-la-Neuve dans l’Esplanade. Historiquement, notre premier est à Nivelles-Centre, c’est vraiment de là que tout est né. Puis quand on a ouvert Nivelles-Shopping Sophie a rejoint nos équipes, on a continué à agrandir et le magasin de Louvain-la-neuve est maintenant l’une des plus grosses boutiques de jeux de société et de jouets en Belgique et, en plus dans un shopping, on est à 800 mètres carrés donc on est (Michel Godart: Ah oui) l’une des plus grandes boutiques de Belgique.

Michel Godart: [00:05:48] Historiquement, ça existe depuis quand votre enseigne?

Olivier Fieuw: [00:05:50] Alors l’enseigne existe depuis fin des années nonante. Nous on a repris en 2010, donc ça fait maintenant quinze ans qu’on est à la tête du zèbre à pois mon épouse et moi.

Michel Godart: [00:05:58] Hyper honorés de diffuser ce podcast pour vous et de vous faire encore plus connaître dans le monde des entreprises (Olivier Fieuw: C’est gentil). Et ça allait être la question qui va suivre: à un moment donné, vous vous lancez dans une vente de jeux, vous pensez famille, parents… Et puis tout d’un coup, on voit peut-être des RH qui vont débarquer dans le magasin, ou des entreprises, ou des coachs. Est-ce que ce switch, est-ce que ce constat s’est fait à un moment précis ou pas? Une mouvance qui a été constatée?

Sophie Douchy: [00:06:20] Oui, moi je dirais quand même que ça fait cinq ans maintenant qu’on remarque que on a un public qui devient de plus en plus adulte, qui recherche des choses de plus en plus pointues par rapport à un projet qu’ils vont avoir. Avant on était dans un certain nombre de gens qui venaient parce qu’ils étaient joueurs et ils aimaient ça et ils cherchaient des jeux qui leur faisaient plaisir (Michel Godart: En mode découverte) en mode découverte, et pour le plaisir du jeu. De plus en plus, on va avoir la question en magasin, recherche de jeux précis par rapport à un but. Par exemple, essayer de travailler plutôt le jeu coopératif, comme on aura prévu pour la journée aujourd’hui. On va en avoir qui vont être plutôt dans l’idée, ben il nous faut qu’on puisse faire des grandes tablées et faire que les gens qui ne se connaissent pas se rencontrent au travers du jeu. Et là où avant on avait le serious game et le jeu en magasin, on a aujourd’hui vraiment un mélange qui se fait entre les deux. Et du coup, les gens qui avant n’étaient que dans le serious game se rendent compte que dans tous les nouveaux jeux qui sortent aujourd’hui, il y a moyen de trouver en fait une mine d’or pour des activités en entreprise. Et donc on a de plus en plus de demandes.

Michel Godart: [00:07:23] En t’écoutant attentivement, j’ai quand même entendu que tu as fait un split très clair entre ce que tu appelles avec l’étiquette « serious games » des autres jeux, ça veut dire que cette différence elle était quand même existante ?

Olivier Fieuw: [00:07:33] Toi, ce que tu entends par serious game c’est ?

Sophie Douchy: [00:07:35] C’est les jeux d’apprentissage, c’est vraiment ceux qui vont reprendre, par exemple, des mécaniques de jeux modernes qui existent, et qu’on va transposer pour mettre sur un thème d’apprentissage. J’ai pas mal d’étudiants qui nous appellent tous les ans parce qu’ils ont en projet de fin d’études, par exemple, de devoir reproduire un jeu. J’ai eu l’année passée une jeune qui faisait des études en diététique et qui essayait de voir qu’est-ce qu’elle pouvait reprendre de modèle de jeu classique pour en faire un jeu à visée éducative, mais avec un but précis d’apprentissage. Et où effectivement, au lieu d’être dans la largesse de ce que tous les jeux proposent, c’est vraiment utiliser le jeu comme créneau pour apprendre quelque chose de très scolaire, par exemple.

Michel Godart: [00:08:14] Je crois qu’on pourrait faire 1h de podcast sur le jeu (Sophie Douchy: Ah oui!) parce que c’est hyper passionnant. Au fur et à mesure où je t’écoute et j’entends tes réponses, d’ailleurs on avait prévu un schéma on ne va pas le suivre, hein? – Rires de Sophie – Tu vois qu’on s’est écarté complètement du schéma de l’interview parce que je suis rentrée dans votre passion, vous m’avez contaminé, ça y est on est dedans, là ça c’est bien senti, c’est beaucoup plus vaste le monde du jeu. Parce qu’on touche à ça, on touche à l’entreprise, et puis je vais amener un nouvel aspect, et je pense que tu vas certainement ou vous allez certainement aller dans mon sens, ou peut-être me dire je me trompe, je vais être surpris, je ne sais pas, j’ai le sentiment qu’il y a aussi, parce que j’ai rencontré des a.s.b.l qui utilisent le jeu pour des causes sociales.

Olivier Fieuw: [00:08:45] Mais il y en a plein. J’allais rebondir sur ce que Sophie vient de dire, on travaille beaucoup avec des ludothèques et avec des services publics fédéraux, communaux, etc qui ont tous des projets sociaux, que ce soit via les écoles, via des APO, via plein de petites associations para communale avec des sujets particuliers. On veut travailler l’écologie, on veut travailler la sexualité, on veut travailler l’immigration, on veut travailler…

Michel Godart: [00:09:06] Les clichés patriarcaux.

Olivier Fieuw: [00:09:07] Voilà, le genre. Tous ces éléments-là, qui sont aujourd’hui des thèmes de société et qui sont abordés plus jeunes, mais également dans les humanités, et même plus tard, pour les primo arrivants par exemple, le jeu peut également faire partie de l’éducation culturelle quand les personnes arrivent dans nos pays.

Michel Godart: [00:09:23] Les jeux est un enjeu. Pardonne-moi pour le jeu de mot, culturel.

Olivier Fieuw: [00:09:26] Alors là, nous c’est un combat qu’on mène en souterrain depuis très, très longtemps. Ce taux de TVA de 21%, on doit passer à 6% pour le jeu de société, comme il l’est pour le livre. C’est un combat qu’on mène en permanence, la seule chose c’est que d’un point de vue fiscal, il est considéré comme étant un produit à 21 % et pas comme un produit culturel. Or, aujourd’hui, derrière, il y a des dessinateurs, des illustrateurs, des créateurs de jeux, on est exactement dans ce qu’on appelle un produit culturel. Et donc je pense qu’à terme, on va y arriver, mais ça fait à peu près 30 ans que le monde du jeu se bat pour y arriver et il en faudra peut-être encore autant, mais on va y arriver.

Michel Godart: [00:10:02] On va aussi parler des familles, parce que la famille elle peut venir vous consulter pour le côté ludique du jeu, mais est-ce qu’il arrive que parfois le jeu puisse être utilisé dans des thérapies avec des thérapeutes? Est-ce que ça existe aussi? Je me dis ça doit bien avoir frappé la tête de certaines personnes?

Sophie Douchy: [00:10:16] Énormément. D’ailleurs, nous on propose une journée par an aux personnes qui utilisent le jeu dans leurs pratiques thérapeutiques, que ce soit des psys, que ce soit des logopèdes, qui viennent passer la journée avec nous pour justement pouvoir découvrir des nouveaux jeux. Parce qu’en fait, leurs patients, quand ils sont en sessions, ils adorent ça (Michel Godart: Ben oui clairement). Que ce soit le petit jeu de récompense à la fin, ou que ce soit en fait avoir joué toutes leurs séances et qu’ils ne se soient absolument pas rendu compte qu’on était en train de leur faire travailler quelque chose, c’est beaucoup moins frontal – Rires de Michel – on a beaucoup moins ce côté « Tiens, tu vas manger de la matière ». Et en fait c’est vraiment un outil qui est merveilleux pour ça, et donc nous ça a été un peu notre cheval de bataille ici, donc là ça va faire trois ans maintenant qu’on organise ces journées-là pour elles. Et donc elles viennent la journée pour découvrir des jeux. Et, ça permet aussi d’avoir une espèce d’actualité par rapport à ça parce qu’en fait, quand on a de la patientèle qui revient en magasin en nous disant « J’ai joué chez la logopède à un jeu d’il y a dix ans », eh ben en fait parfois il y en a dix qui travaillent la même chose, et qui sont beaucoup plus actuelles, qui correspondent aussi mieux, qui sont parfois juste encore en vente. Et du coup, ça permet vraiment de travailler énormément de choses par rapport à ça quoi.

Michel Godart: [00:11:21] Moi j’aime bien bouleverser les tabous. La sexo aussi? il y a des jeux sexo?

Olivier Fieuw: [00:11:24] Il y en a un tout petit peu, maintenant les jeux qui développent ce sujet-là pour les plus jeunes (Michel Godart: Bon, ici on parle pour les adultes), on ne les retrouve pas en magasin.

Michel Godart: [00:11:32] Voilà c’est ça.

Olivier Fieuw: [00:11:32] Parce que tu as vraiment des a.s.b.l qui sont spécialisées là-dedans, et qui sont en contact direct avec les écoles.

Michel Godart: [00:11:39] C’est un canal de distribution.

Olivier Fieuw: [00:11:40] ou de la COCOF ou ce genre de choses-là, parce que finalement c’est clairement dans ces canaux de distribution-là.

Michel Godart: [00:11:45] Mais si on sort du mode éducatif, dans les familles (Olivier Fieuw: Tu vas les retrouver…), entre les adultes, ça existe.

Olivier Fieuw: [00:11:49] Alors oui, et là les sites Internet existent, mais ça ce sont des jeux qui sont très peu commerciaux je vais dire.

Michel Godart: [00:11:54] D’accord. Mine de rien, le tabou de la société, il a un impact.

Olivier Fieuw: [00:11:57] Ce sont des sujets qui sont, je ne vais pas dire qu’ils sont tabous, mais si le parent veut faire cette démarche, il fera une démarche réellement active. Et en général, les éditeurs sont là sur le net et en général aussi des structures de prix qui ne permettent pas de mettre un distributeur ou un revendeur en plus parce que les tirages sont plus faibles, parce que le jeu a coûté un peu plus d’argent à la création, etc. Et donc en général, ils s’auto-éditent.

Michel Godart: [00:12:20] Est-ce qu’on peut dire que c’est un marché de niche?

Olivier Fieuw: [00:12:22] C’est clairement un marché de niche. Mais déjà le jeu éducatif dont Sophie parlait là tantôt, tout ce qui est jeux logopède, jeux de travaille comme nous on les appelle, c’est un marché de niche qui représente une niche de plus en plus grande, parce qu’on se rend compte que des dysphasique, des dyslexiques, des dyscalculiques, il y en a plein. Et que c’est quand même très agréable, et pour l’enfant, le parent, ou le professionnel d’utiliser un jeu plutôt que d’utiliser le bâton et la carotte pour faire avancer l’enfant. Et il y a rien à faire, ce jeu permet tellement de choses, et comme Sophie disait, d’avoir avancé, d’avoir rectifié des choses, d’avoir progressé, et sans avoir eu le sentiment de travailler, c’est finalement un peu ce qu’on fait nous tous les jours, on fait notre passion et on n’a pas toujours l’impression de travailler.

Michel Godart: [00:13:03] Mais je vous rassure, la passion on la sent bien chez tous les deux, d’ailleurs on l’entend parce qu’il y a les sourires, vous ne les voyez pas mais on les entend au micro, les sourires et les patients sont là. Justement, je pense que, avec l’approche agile, parce qu’on va revenir sur le sujet de la journée, c’est la Journée Agile, c’est la journée où il y a des coachs et des gens qui utilisent aussi vos jeux en entreprise. Alors on parlait de serious game tout à l’heure, mais ce que je constate moi, c’est que parfois des jeux sortent de plus en plus du « serious game » et des jeux traditionnels, des jeux classiques finalement peuvent être réutilisés aussi. Et cette ouverture de la frontière, vous l’observez? Quels sont les jeux qui sont les plus vendus dans cette approche? Est-ce qu’on pourrait faire un top dix des jeux qui « Waouh, ça, ça cartonne! »

Sophie Douchy: [00:13:37] Alors il va y avoir tous les jeux de rapidité-observation, je pense, qui fonctionnent très bien là-dedans.

Michel Godart: [00:13:41] Tu as des exemples?

Sophie Douchy: [00:13:42] Parce qu’on va vraiment travailler l’inhibition. Les plus classiques vont être Dobble, Bazar bizarre, Taco Chat Bouc Cheese Pizza reprend (Olivier Fieuw: Jungle Speed) de plus en plus de place, jungle Speed. Qui sont vraiment en fait tous ces jeux qui vont travailler l’inhibition, ça c’est vraiment quelque chose qu’on nous demande énormément. Il va y avoir pas mal tous les jeux de communication et de mise en contexte de mots, que ce soit dans de la déduction de devoir déduire ce que l’autre est en train d’essayer de nous faire deviner, ou simplement de l’association d’idées, on va avoir le code name qui prend énormément de place, autant dans les familles en fait que dans les entreprises. Et il va y avoir le concept, qui a un peu ouvert les portes de ça il y a dix ans, je pense maintenant quand même, et où du coup on va vraiment être sur d’autres façons de réfléchir, mais qui en fait, dans la vie active de tous les jours, sont super intéressantes. Quand on a joué à Concept la première fois et qu’on se rend compte que: ben oui on peut faire deviner les mots qui sont là mais, en fait, on peut tout faire deviner à partir du moment où on divise quelque chose sous forme de concept. Et ben en fait on réfléchit différemment.

Michel Godart: [00:14:34] Ça stimule la créativité.

Sophie Douchy: [00:14:36] Voilà. Il va y avoir tous ces jeux de mots qui ont vraiment le vent en poupe, et je pense que Code names est en lice depuis des années et reprend bien. Et puis il va y avoir effectivement tout ce qui va être jeu de coopération. Avec cette idée justement de partage de tâches et d’être ensemble contre le jeu. On n’est plus dans une idée où on va s’opposer, mais où chacun va amener sa pierre à l’édifice pour pouvoir construire quelque chose.

Olivier Fieuw: [00:14:56] Et tu as une grosse catégorie de jeux qui est née il y a dix ans, qui sont les escape games en fait. C’est vraiment la naissance du jeu de coopération, communication, familiale, et voir même expert parce que là on va vraiment, il y a des jeux pour les enfants mais là on vise vraiment plutôt un public adulte. Où pour réussir, il faut utiliser les compétences de toutes les personnes qui sont autour de la table. Il va y en avoir qui sont beaucoup plus forts à déduire un code, il y en a d’autres qui vont être plus forts dans l’observation, il y en a d’autres qui vont être plus forts dans l’analytique. Et finalement c’est vraiment, on se rend compte que c’est en utilisant les compétences de tout le monde autour de la table qu’on va réussir à atteindre l’objectif en moins d’une heure. Et ces escape game-là, alors Unlock évidemment en tête, mais derrière il y en a plein d’autres, il y a les Exit, il y en a vraiment Mystery House, il y en a vraiment plein, plein, plein qui sont sortis entre temps, ont permis avec chacun leurs spécificités différentes, plus immersif moins immersif, avec l’application sans application, de mettre en avant ce côté vraiment coopératif mais au sens noble du terme. C’est pas juste, on joue ensemble contre le jeu, c’est: on a besoin des compétences de chacun pour y arriver.

Michel Godart: [00:15:56] Ce que j’adore dans ce que vous êtes en train de dire tous les deux, et c’est revenu plusieurs fois si les auditeurs et auditrices ont été un peu attentifs, c’est qu’on a bien dit « On réapprend à collaborer ». Or, si on observe le système d’enseignement, qu’est-ce qu’on fait dans les écoles? On met des points aux enfants, on leur demande d’être meilleurs que le voisin, on crée l’esprit de compétition. Et pour moi, selon ma vision du monde, si la société est injuste, la première cause, elle est là. Et dans ce que vous êtes en train de me dire, j’en ai des frissons, je me dis « Mais là, on a des gens qui dans leur métier, dans leur passion, changent la donne ». Parce que réapprendre à collaborer, réapprendre à être forts ensemble, c’est faire oublier ces biais cognitifs éducationnels où on te dit « Il faut être meilleur que l’autre ». En fait, c’est pas en étant meilleur que l’autre et en faisant mieux que l’autre que tu vas avancer, c’est en collaborant.

Olivier Fieuw: [00:16:37] C’est la fameuse petite fable tu as la girafe, l’éléphant et le singe qui sont dans la jungle et on demande à tout le monde d’aller dans l’arbre et il n’y a que le singe qui arrive et les deux autres sont nuls. C’est un peu le même principe (Michel Godart: Ouais), c’est chacun doit travailler avec ses compétences. Et en fait, le jeu de société permet de mettre en exergue ses faiblesses et de les travailler, parce que c’est important de s’en rendre compte et d’y remédier d’une manière ou d’une autre parce que dans la vie professionnelle, la vie de tous les jours, on en a besoin! D’abord d’avoir, un, de connaître nos faiblesses, et de savoir y faire face. Et puis de connaître ses compétences, d’en être maître et de savoir les utiliser sans en avoir honte. Parce que voilà, c’est quelque chose qui est vraiment important au quotidien.

Michel Godart: [00:17:07] Je suis un petit peu provocateur, et les auditeurs finiront par bien le comprendre avec moi, si on pousse le bouchon, on parle de l’enfance, on parle de la famille, on parle des entreprises. Et puis il y a un grand absent, alors peut-être que je me trompe, je viens de le dénoncer le grand absent, c’est l’enseignement. Est-ce que vous collaborer justement avec les écoles? Est-ce que l’école se dit enfin à un moment donné, « Et si on ramenait le jeu pour collaborer dans les écoles? ». Est-ce que ça se fait? Ou est-ce que je suis encore trop utopiste?

Olivier Fieuw: [00:17:31] Non. Alors nous on travaille vraiment beaucoup ça depuis maintenant quand même pas mal d’années.

Michel Godart: [00:17:36] Parce que vous l’avez initié où les écoles sont venues à vous?

Olivier Fieuw: [00:17:38] Non, c’est nous qui avons initié, mais on l’a initié de manière particulière. C’est-à-dire que pour toucher les écoles, on devait soit se mettre en contact directement avec les pouvoirs communaux, qui ne sont pas spécialement les meilleurs partenaires pour ce genre de projet-là. Soit travailler avec la ludothèque communale, qui elles, savent ce que c’est que le jeu et à priori sont, elles, en contact ou devraient vraies l’être avec les différentes écoles. Et donc on a développé aussi maintenant, depuis presque cinq ans, quatre journées par an de formation des ludothèques. Et donc toutes les ludothèques de Belgique francophone peuvent venir chez nous se former gratuitement pendant quatre jours sur une année. Et de fil en aiguille, ben ça crée des partenariats, on a énormément d’écoles qui commandent des jeux de société chez nous, des écoles qui ont créé des ludothèques, des écoles dont les enseignants…

Michel Godart: [00:18:22] Tous les niveaux?

Olivier Fieuw: [00:18:23] De tous les niveaux: maternelle, primaire, secondaire. Des écoles aussi qui utilisent les jours blancs pour faire jouer les enfants, des écoles qui utilisent 2h de leur planning, principalement en primaire ou en maternelle, les deux dernières heures du vendredi où c’est plus difficile d’avoir la concentration des enfants, et bien on a instauré 2h de jeu. Mais pour ça il faut avoir du matériel. Les écoles sont souvent, c’est le nerf de la guerre, c’est le problème de l’argent. Et là parfois, justement, si on travaille bien, si on libère des budgets au niveau des communes et c’est ce qu’on parvient à faire maintenant depuis quelques années, c’est de parvenir à essayer de créer ces budgets et ces ludothèques au sein des écoles!

Michel Godart: [00:18:57] Et les unifs? Parce que moi, il y a des professions comme ça qui parfois me choquent, où il y a très peu d’humanité, alors que c’est un métier humain. Je me dis que peut-être le jeu pourrait amener des consciences, est-ce que ça se fait dans les universités?

Sophie Douchy: [00:19:08] Dans les universités, encore pas beaucoup. C’est peut-être notre prochain cheval de bataille hein? Le jeu est encore resté longtemps dans la sphère de la petite enfance, grandit doucement et maintenant atteint l’adulte. On est plus sur cette idée de « Le jeu est réservé aux enfants » (Michel Godart: Ouais, c’est ça). Parce que là maintenant ça c’est un combat qui a été mené, qui est gagné. Maintenant, je pense que le fait de le faire reconnaître au niveau justement des unifs et tout ça, fait aussi partie du jeu de le faire reconnaître comme bagage culturel simplement!

Michel Godart: [00:19:36] Il y a un mot qui tient à cœur à Éric Decossaux, et je le salue au passage, c’est le concept de ludothèque mais en entreprise, est-ce que vous avez des entreprises qui vous demandent d’achalander une ludothèque chez elles?

Sophie Douchy: [00:19:47] Oui, on en a quelques-unes maintenant.

Michel Godart: [00:19:49] C’est croissant?

Sophie Douchy: [00:19:50] C’est croissant et c’est souvent sur base d’un passionné, un passionné qui vient chez nous et qui (Michel Godart: Un Éric Decossaux quelque part), ah ben voilà, il y en a dans plusieurs entreprises. Et alors, il y a un midi où ils ont ramené un jeu et ils ont dit « Allez, on va faire quelque chose ». Et puis en fait, une fois que les autres commencent à s’y pendre – Rires de Michel – À un moment ils disent « Oui, mais ça fait 25 fois là que tu nous fais jouer à ton jeu de dés. Viens, on va aller en chercher un autre ». Et en fait, petit à petit, effectivement, on voit qu’on a des entreprises qui viennent en disant « Ben voilà, on a réussi à avoir un budget, on voudrait tous des jeux qui se jouent en une vingtaine de minutes parce qu’il faut que ce soit jouable pendant la pause de midi souvent ».

Michel Godart: [00:20:22] Ah oui il faut être productif quand-même hein?

Sophie Douchy: [00:20:23] Voilà. L’avantage du 20 minutes, c’est que si on a le temps, on refait une deuxième partie. Si on n’a pas le temps, on va retourner travailler parce qu’on a quand même une réunion. Tous ces petits jeux là correspondent vraiment bien, je pense qu’en plus, pour le moment c’est les jeux qui sortent le plus. C’est vraiment ce que les gens recherchent, autant dans le privé que dans les entreprises, et donc du coup en fait, on en a quelques-uns comme ça qui viennent et qui se font une petite armoire, un petit paquet de jeux. Ils peuvent les jouer sur place.

Michel Godart: [00:20:45] Les plus grands classiques: les dames, les échecs, ils ont encore la cote? Est-ce qu’ils ont la cote aussi en entreprise, encore malgré tout ou pas? Où ils n’intéressent pas du tout par contre?

Olivier Fieuw: [00:20:53] Ces jeu-là, en fait, sont des jeux qui sont inscrits dans l’inconscient collectif, c’est-à-dire qu’ils sont là depuis toujours (Michel Godart: La culture collective, ouais voilà) en fait. Quand tu demandes aux gens, qui ne sont pas dans le monde du jeu, citez-moi cinq jeux, c’est évident qu’ils vont te sortir Jeux d’échecs, Cluedo, Monopoly, ce genre de choses-là, Scrabble. Quand tu es dans le monde du jeu depuis longtemps, ces jeu-là, finalement nous on ne les propose plus jamais. Parce que, ils sont en magasin, c’est clair qu’on les a parce que quelque part ce sont des valeurs rassurantes pour monsieur et madame tout le monde, mais le fan de jeux il connait ces produit-là!

Michel Godart: [00:21:24] Ouais, d’accord.

Olivier Fieuw: [00:21:25] Et donc il vient découvrir d’autres choses. Et donc les gens qui poussent la porte de nos magasins, soit ce sont des personnes qui ne connaissent rien aux jeux et ils voient ces armoires-là, et ils sont très rassurés et ils y trouvent leur bonheur. Soit ils se laissent guider par nos conseils et nos services, et dans ce cas-là, ben c’est un monde de 2000 jeux qui s’ouvre devant eux, et on va y retrouver les jeux à deux qui vont pouvoir très, très, bien remplacer un jeu d’échecs, un jeu de dames, un Stratego, mais avec plein de mécaniques différentes et de stratégies différentes. Qui vont remplacer le Monopoly, où on est plus dans un petit jeu de train, train, chacun joue à son tour, mais avec ce côté un peu plus moderne, un peu plus d’interaction et un peu plus de décisions, plutôt que le hasard des dés. Parce qu’on se rend compte que le joueur n’aime pas être mené en bateau par son jeu.

Michel Godart: [00:22:08] Ou cadenassé.

Olivier Fieuw: [00:22:08] Il aime bien avoir un libre arbitre. Et ce libre arbitre en fait, change beaucoup de donne entre le jeu mainstream qui plait à tout le monde, où en fait les gens se laissent guider par le jeu, et le jeu un peu plus avertis où quelque part « Non non, c’est moi qui veut le maîtriser le jeu et c’est pas lui qui va me maîtriser ».

Michel Godart: [00:22:25] J’ai posé la question pour ces deux aspects-là, mais le premier aspect qui m’a interpellé c’est que je me dis, soyons clair, il y a des gens qui, pendant très longtemps, ne se sont pas intéressés au jeu parce qu’ils ont fait une rupture entre leur enfance et le monde adulte. Et pour eux, c’était ça. Je me dis que parfois c’est ce sont ces jeux qui sont si connus, si classiques, qui finalement ramènent les gens dans votre magasin, et là c’est, comme quand on rentre dans la caverne d’Ali Baba, on vient acheter un jeu de dames et puis on se rend compte « Mon Dieu, l’univers » et la superficie que tu as dit tantôt d’espace de jeu disponible. Est-ce que là c’est pas le moment où vous prenez la petite baguette magique et vous convertissez les gens? Est-ce que c’est pas le meilleur produit d’appel finalement?

Olivier Fieuw: [00:22:56] Bien sûr, c’est clair que ces produits « grand public » sont des portes d’entrée. Et il ne faut pas les négliger, c’est pour ça qu’ils sont présents chez nous, et il faut surtout qu’ils gardent, enfin s’ils sont là depuis 50 ou 60 ans pour certains, c’est qu’ils ont clairement leur place.

Michel Godart: [00:23:07] Mais est-ce qu’ils ont cette place dans les entreprises? Est-ce qu’ils jouent ce rôle dans les entreprises?

Olivier Fieuw: [00:23:11] Le problème, c’est que quand tu parles de Cluedo, de Risk, de Monopoly, dans l’esprit de beaucoup d’adultes, ça reste des jeux d’enfants. Ça reste des jeux que eux ont joué quand ils étaient enfants et donc, du coup, sont un peu catégorisés en disant « Oui, je veux bien jouer à ça avec mes enfants, mais je me vois pas jouer ça avec mes collègues ».

Michel Godart: [00:23:27] On est bien d’accord.

Olivier Fieuw: [00:23:27] Et là, il y a plein de petits party games, de jeux de cartes très, trè,s faciles à prendre en main et c’est ça qui aujourd’hui plaît à beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde. C’est le jeu qui s’explique en 30 secondes, et qui va se jouer 30 fois parce qu’en fait on ne s’en lasse pas et quand la partie est terminée « Ok, on rebat les cartes et on repart pour une deuxième partie ». Ça aujourd’hui c’est vraiment la mécanique de jeu qui trouve un public très, très large et qui parvient à convaincre des gens qui ne sont pas spécialement joueurs, mais en leur montrant que même avec un bête petit jeu de cartes, avec plein de mécaniques différentes, on sait trouver quelque chose qui vous fait plaisir.

Michel Godart: [00:23:57] J’entends dans l’agilité il y a incrémentation, il y a adaptabilité, et j’entends dans plusieurs choses que vous avez dites aujourd’hui avec moi au micro le temps. Le temps est revenu souvent, on vous demande quand même d’avoir des délais de jeu assez courts. Est-ce que c’est une mode qui se généralise même au-delà des entreprises? Est-ce que les gens viennent de plus en plus impatients et veulent des jeux qui se jouent vite? Est-ce qu’on en profite autant quand ça se joue si vite? Est-ce qu’on apprend autant de choses?

Sophie Douchy: [00:24:19] En vrai je ne sais pas si c’est parce que les gens sont impatients. Je crois qu’il y a plusieurs choses, c’est que les gens se rendent compte petit à petit de l’importance du jeu, et donc veulent aussi le ramener sur le devant de la scène à la maison. Seulement, ben on a tous une vie.

Michel Godart: [00:24:34] Une vie à 100 à l’heure.

Sophie Douchy: [00:24:35] On se rend bien compte du rythme de vie que c’est. Et donc le fait de ramener le jeu sur le devant de la scène est beaucoup plus facile avec des jeux courts. Remplacer l’histoire du soir par un petit jeu, se dire au soir à deux, au lieu d’aller regarder une série et de se mettre au lit, ben on va encore se faire un petit jeu. Mais une fois que les enfants sont couchés et tout ça, sortir à ce moment-là le jeu qui fait 1h et demie, c’est beaucoup plus compliqué. Et donc c’est vrai qu’il va y avoir cette idée de se dire « Quand j’arrive à dégager du temps pour jouer, je le dégage sur ma semaine, je me dégage une après-midi pour jouer, je vais aller vers du gros jeu et on va prendre le temps et on va se passer son après-midi à jouer. Et si on joue une partie qui fait 3h, on joue une partie qui fait 3h ». Mais si je veux qu’il puisse être dans ma vie au quotidien, du coup il faut que ce soit des (Michel Godart: Plus court) petits jeux, par rapport au fait que du coup c’est beaucoup plus facile de trouver des petits moments pour pouvoir le faire. Et que, en fait, on se rend compte que, un jeu, quand on est dedans, on est acteur du jeu, ça nous implique beaucoup plus que de faire une activité passive au soir chacun dans son coin. Et c’est là pour moi que le petit jeu prend son intérêt.

Michel Godart: [00:25:36] Encore un point sur lequel je me dis, mais en fait cet univers est large et riche, et je vais encore donner un autre exemple: le droit à la déconnexion. Tu vois cette fameuse loi, le droit à la déconnexion. Mais ça, le jeu, c’est le meilleur outil pour le faire. Tu dis une règle à la maison: on joue à un jeu de société, pendant le jeu de société il n’y a pas de GSM, pas de tablette et tout est sur off, et il n’y a pas de sonnerie et on ne répond à rien. Mais là tu assures sur la mise en pratique de ton droit à la déconnexion.

Olivier Fieuw: [00:26:00] Ça il y a beaucoup de familles qui le mettent en place. C’est ce petit rituel, que ce soit le mercredi soir, il n’y a pas d’activités, il n’y a pas de danse, il n’y a pas Okey. Les enfants n’ont pas d’activités, on a fini les devoirs à 6h, on mange à 6h30 et on mange une fois plus tôt que d’habitude, mais à 7h on est autour de la table, et on joue jusqu’à 8h, 8h30 avant d’aller au lit pour les enfants. Il y a des familles qui mettent ce rituel en place! Il y a l’avantage en effet, si tu mets ce genre de rituel en place, tu vas intéresser les enfants. Et même s’ils sont parfois un tout petit peu moins intéressés parce que « Ah ouais, il y a ma copine qui m’envoie un message où il y a ça à la télé », ben le rituel fait en sorte que pour eux, ce créneau-là, dans l’agenda ben il est occupé, et une fois qu’il est occupé ben finalement il continue à progresser dans cette logique-là.

Michel Godart: [00:26:38] Et c’est là que le jeu touche à la santé. Prévention, burnout.

Olivier Fieuw: [00:26:41] Exactement. Le jeu a des facultés juste incroyables. Et je vais rebondir encore là-dessus, on fait ce qu’on veut avec le jeu de société. Je vais te donner un exemple d’un professeur de néerlandais. C’est un professeur de première ou deuxième humanités, et il disait « Mais moi, je vais utiliser les jeux de société, est-ce que vous avez des jeux de société qui sont dans deux langues, trois langues, quatre langues » (Michel Godart: Génial ça) Ah oui, oui, nickel! Je vous donne les jeux Haba, les jeux Djeco, il y en a plein, même pour plus grands, on va trouver dans catégorie dix ou 20 dix ans, on va trouver un jeu au moins bilingue trilingue français, néerlandais, anglais. L’usage qu’il voulait en faire, c’était de dire « OK, je suis professeur de néerlandais, donc je vais faire de la compréhension à la lecture et je vais leur donner les règles à lire en néerlandais ».

Michel Godart: [00:27:18] Ah ouais, carrément!

Olivier Fieuw: [00:27:19] Et le lendemain ils vont devoir expliquer le jeu à leurs copains, et vérifier s’ils ont bien compris puis ils pourront lire les règles en français. Et la récompense après deux ou trois sessions de cours, c’est: on joue aux jeux. Et donc je me suis rendu compte que finalement, le jeu, qui n’est pas du tout un outil de traduction ou d’initiation à la langue.

Michel Godart: [00:27:35] Avait même sa place là.

Olivier Fieuw: [00:27:35] Il avait même sa place là. Et donc en fait, je pense que les professeurs sont sans doute les meilleures personnes, les mieux placés pour déterminer ce qu’un jeu est capable de leur apporter, quitte à twister les règles pour répondre correctement à un besoin particulier au moment « T » quoi!

Michel Godart: [00:27:50] Première impression, vous avez mis votre stand, les gens sont arrivés: surpris de voir un stand de jeux? Quelles sont les questions? Qu’ont été les réactions?

Sophie Douchy: [00:27:57] C’est vraiment, les gens sont surpris et disent « Mais pourquoi vous êtes là? Et qu’est-ce que vous pourriez nous proposer? ». C’est très intéressant parce que ça permet effectivement de leur répondre à quel point en fait, ben c’est une utilisation qui est méconnue en fait, du jeu en général et que le jeu (Michel Godart: Pourtant dans les RH c’est connu) pour faire réfléchir dans plein de choses. Et donc voilà, après, je pense qu’il y a aussi le fait que, bah on est un magasin qui est quand même un peu connu à force, et donc les gens sont surpris de nous voir là en disant « Bah tiens… ».

Michel Godart: [00:28:23] Les meilleurs sont là.

Sophie Douchy: [00:28:23] « Vous vous êtes perdu? »

Michel Godart: [00:28:24] Pour clôturer en beauté, je vais vous demander de nous donner l’adresse d’un site internet, parce que j’imagine que vous en avez un qui est quand même une vitrine première de contact pour qu’on puisse vous téléphoner, vous envoyer un petit message, prendre rendez-vous, voir vos heures d’ouverture. Et puis j’invite les auditeurs et auditrices à se déplacer, parce que, avec les deux passionnés que j’ai devant moi là, je crois que quand vous allez rentrer dans leur boutique, vous allez surtout avoir des sourires, de la passion et du partage. Donc, quel site internet pour vous contacter?

Olivier Fieuw: [00:28:45] On peut nous retrouver sur internet avec trois fois www point le Zap point be, L.E.Z.A.P. Nos trois magasins sont à Nivelles-Centre, Nivelles-Shopping et Louvain-la-Neuve. Et notre numéro de téléphone c’est 010/810905, ça c’est le numéro général, on arrive chez nous. Par mail info arobase le zap point be.

Michel Godart: [00:29:06] Et il y a une petite surprise avec ce podcast, il y a un répondeur, un voice mail sur le podcast. Donc les gens qui entendent ce podcast peuvent suivre le lien qui est en début de l’article qui présente cet épisode. Ils cliquent dessus, ils ont un voice mail dans le navigateur, ils peuvent s’enregistrer, réécouter autant de fois jusqu’à ce que le message leur plaise et qu’il soit qualitatif. Ils peuvent l’envoyer. Je le reçois et je vous le forwarde. Et s’ils ne disent pas qu’on ne peut pas partager, on pourrait même le partager sous l’épisode quand on publiera le podcast sur les réseaux sociaux. Et donc vous pourrez réagir aussi de la même manière en suivant aussi ce lien de répondeur pour répondre à la personne, et ainsi de suite. Donc on a un podcast interactif, quoi de plus pour des gameurs?

Olivier Fieuw: [00:29:38] Parfait!

Michel Godart: [00:29:39] Merci pour votre temps et votre patience, et votre partage.

Olivier Fieuw: [00:29:42] Merci toi

Michel Godart: [00:29:43] À bientôt.

Olivier Fieuw: [00:29:43] À bientôt.

Via Blubrry :